L'EXTRÊME PAUVRETÉ

  • Rs 3,500

    L'extrême pauvreté concerne des familles vivant avec moins de Rs 3,500 par adulte par mois.

  • 1,2 %

    L’extrême pauvreté touche 1.2 % de la population mauricienne.

  • 33,600

    C'est le nombre de familles mauriciennes touchées par la pauvreté.

  • Rs 3,200

    Le montant moyen alloué au remboursement par les familles pauvres et endettées.

La pauvreté à l’île Maurice
 

Si l’île Maurice est souvent citée pour ses réalisations majeures en termes de croissance économique et de la création d’emploi, la pauvreté demeure une réalité pour de nombreuses familles mauriciennes.
 

Selon les Statistiques du Ministère des Finances et du Développement économique (2012), on estime à 33,600 le nombre de foyers vivant sous le seuil de pauvreté relative, soit les 10% des Mauriciens les plus pauvres. Ce qui fait que la pauvreté touche 122 700 Mauriciens.
 

Ces chiffres sont en augmentation. On ne comptait en 1996 que 23 800 foyers et 92 700 personnes vivant sous le seuil de pauvreté. De plus, on a constaté au cours des 15 dernières années une aggravation de l’intensité de la pauvreté de ces familles, alors même que le bien-être matériel de l’ensemble de la population s’est amélioré. Le modèle de croissance économique qu’a choisi Maurice a pour effet de creuser les inégalités, alors que l’extrême pauvreté progresse.
 

L’extrême pauvreté
 

Cette extrême pauvreté, telle que la définit la Banque Mondiale, concerne des familles vivant avec moins de 1,25 dollars par adulte (‘adult equivalent’) par jour. Cela correspond à un montant de Rs 3,500 par adulte par mois à Maurice. L’extrême pauvreté est en hausse continue depuis le début des années 2000, si bien qu’elle touche aujourd’hui 1,2% de la population mauricienne, alors qu’en 2004, Maurice affichait un taux de seulement 0,4%. A ce jour, le Programme des Nations Unies pour le Développement estime qu’il existe un risque réel que des familles mauriciennes régressent dans l’extrême pauvreté. 

Inégalités dans la pauvreté
 

La pauvreté n’est pas égalitaire. Elle touche plus particulièrement les enfants. Un enfant mauricien sur sept grandit dans une famille pauvre. Les groupes les plus vulnérables sont :
 

  • Les familles de trois enfants ou plus
  • Les familles monoparentales, notamment celles dont le chef de famille est une femme
  • Les familles de parents divorcés ou séparés
  • Les familles dont les parents ont été eux-mêmes en situation d’échec scolaire
  • Les familles dans lesquels un adulte seul soutient les besoins d’un autre enfant non-marié
     

On estime le revenu moyen de ces ménages les plus pauvres à Rs 9 800 par mois, soit un dixième du revenu moyen des 10% des ménages mauriciens les plus aisés. De ce revenu, chez les familles pauvres, Rs 8 300 est affecté à la consommation.
 

Ces dernières années, c’est l’endettement qui a érodé le revenu disponible des ménages les plus pauvres. On estime qu’une famille sur cinq rembourse mensuellement des dettes, pour une valeur moyenne de Rs 3 200.
 

Ces familles sont également affectées par le chômage, plus particulièrement les femmes, les jeunes et les personnes peu qualifiées.
 

Les programmes de sécurité sociale mis en place par le gouvernement mauricien ont allégé en partie cet état de pauvreté. Ainsi, tous les Mauriciens ont accès à des soins de santé gratuits et l’éducation est gratuite pour tous. Des allocations sont versées aux familles dont les revenus sont inférieurs à Rs 6,200 par mois. De plus, les élèves et les personnes âgées ne paient pas le prix du transport en commun. On note également que les programmes de construction de logements sociaux ont permis à de plus nombreuses familles de devenir propriétaires de leur logement. En revanche, la propriété de biens ménagers durables a baissé.