09 juin

Marie Michèle Etienne - Humans of Lovebridge

Humans of Lovebridge  

"C’est une amie m’a parlé du projet, mais j’étais déjà très impliquée dans le social, au départ je ne faisais pas vraiment attention. Puis un jour, je suis allée à une présentation Lovebridge. On m’a parlé du pont entre les Mauriciens de toutes communautés et cultures, que ce projet réunit tout le monde autour de ce pont de pluralité et fraternité. Un projet de nation building extraordinaire. A partir de là, mon aventure chez Lovebridge a commencé. Maintenant, je suis totalement imprégnée, je suis une Lovebridger, et ma mission, c’est d’emmener des accompagnateurs à me rejoindre dans ce projet. 

Il y a eu beaucoup de moments forts : la rencontre avec la petite-fille de Corina, qui est tétraplégique – de voir le courage de cette grand-mère, de voir à quel point elle s’en sort –, ce sont des leçons de vie. De voir Belinda et son champion de fils, qui est en train de réussir. D’entendre son histoire : comment de la misère profonde, avec un travail dans un poulailler, elle a réussi à se frayer un chemin. Comment les enfants ont réussi à passer leurs examens, en apprenant à la lueur d’une bougie. Quand on est à Lovebridge, ce qu’on reçoit est incroyable, incomparable à ce qu’on donne. 

Ma famille, Anaïs et ses quatre enfants, est un cadeau du ciel. J’avais un peu peur au début. Je me demandais comment cette relation allait naitre. Je n’avais pas réalisé que le social worker fait 90% du travail, et que ce qu’il fallait que j’apporte, c’est une vraie relation du cœur, être celui qui donne le courage, l’espoir, la motivation. Et on construit cette relation avec le temps, ce n’est pas un coup de baguette magique ! 

Être accompagnateur, c’est marcher à côté de la personne. C’est partager. C’est se dire que cette personne n’est plus seule. C’est être un compagnon de route. Et si tout le monde qui lit ce témoignage pouvait comprendre la force de « To né pli tusel », on aurait eu beaucoup plus d’accompagnateurs volontaires. Il faut comprendre que la misère de ses familles n’est pas que matérielle : c’est aussi la misère de l’exclusion sociale. Une dame m’a dit, une fois : « Marie-Michèle, Mo né pli koner si mo enn humain. » Mais en donnant juste un peu de son temps, pour partager, pour s’intéresser à la vie d’une famille, en construisant cette relation sincère, vraie de vraie , on leur donne à quoi s’accrocher. 

Aujourd’hui je considère la relation avec ma famille bénéficiaire comme privilégiée. Je sais que lorsque ma famille sera empowered, ça ne changera rien au fait qu’on se verra toujours, ils seront toujours dans ma vie."

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